Ωceans
J’ai eu l’immense honneur et la grande fierté de participer au tournage du film Océans de Jacques Perrin et Jacques Cluzaud.
En effet quelques images ont été tournées sur les sites de plongée de Hienghène (grotte de Donga Hienga et récif Doïmen) où j’apparais en compagnie de François Sarano.
Vous reconnaitrez en particulier les failles de Pointe aux Cachalots dans le clip ci-dessous mises en parole par le texte de François. (extrait de : www.canyousea.com/oceans-le-film)
Les monstres pétrifiés de Hienghène
« Le soleil tropical écrase le récif de Hienghène. Poissons-perroquets, poissons-papillons, demoiselles dansent au-dessus de coraux aux couleurs pastel dont les branches délicates dessinent des architectures improbables.
La houle fait ployer les polypes des « sarcophytons » comme blé sous la brise. Nous pourrions nous laisser hypnotiser par le chatoiement des mouvements et des couleurs, pourtant, nous nageons sans détour vers l’entaille sombre qui déchire ce jardin enchanteur. Deux gorgones éventails rouge-sang masquent l’entrée de la grotte.
La béance nous avale. Nous plongeons verticalement dans les entrailles du récif. Plus de poissons virevoltants, plus de couleurs. La nuit et le silence nous enveloppent, juste interrompus par le bruit de nos respirations et le pinceau de nos lampes.
Les bulles d’air qui s’échappent de nos détendeurs viennent s’écraser contre le plafond rongé d’anfractuosités. Elles roulent comme des gouttes de mercure dans un monde à l’envers. Pas d’échappatoire, il faudra des jours pour qu’elles s’infiltrent à travers le calcaire.
Nous nous glissons entre les crêtes rugueuses qui hérissent les parois de l’étroit couloir. Au fond du tunnel l’obscurité semble moins dense. Des lueurs filtrent par d’inaccessibles ouvertures dans le toit. Et, soudain, lorsque le soleil passe au zénith, la lumière cascade jusqu’au fond de la caverne.
Comme les faisceaux de projecteurs de scène, la lumière redessine les encorbellements qui surgissent des parois et les métamorphosent en monstres pétrifiés. Ici, un crâne cyclopéen aux arcades sourcilières saillantes, là, un autre dont les orbites vides semblent fixer l’éternité, au-dessus une tête dont la bouche grimaçante semble hurler.
Suspendus à mi-hauteur de la crypte, nous nageons vers la gueule menaçante d’un dragon. Le monstre semble vouloir profiter de la lumière qui l’éclabousse, pour s’extraire de sa gangue de pierre. Peu à peu, le pinceau lumineux qui surligne ses naseaux vacille. Là-haut, au-dessus du récif, le soleil qui poursuit sa course abandonne la caverne. La clarté redevient incertaine et s’éteint. L’obscurité emprisonne encore une fois les démons de pierre.
François Sarano »
Images du diaporama : Pascal Kobeh/Galateefilms « Océans » Jacques Perrin
Vous êtes nombreux à avoir déjà vu le film et a avoir retrouvé Babou-Côté Océan au générique. Merci pour vos messages amicaux.